Un filtre solaire de densité optique 5, qui couvre tout l’objectif par l’avant (sur des jumelles, un de chaque côté), choisi selon le diamètre de votre tube, bien fixé et avec le chercheur couvert. La densité « photographique » de 3,8 n’est pas faite pour regarder : c’est son propre fabricant qui l’écrit. Vous allez le garder plus de deux heures : à Malaga, de 09:42:09 à 12:02:35 (heure espagnole, UTC+2), avec 1 min 49 s de totalité au milieu, le seul moment où on l’enlève. Nous expliquons où se place le filtre, et pourquoi, dans jumelles et télescope pendant l’éclipse.
Densité 5 pour regarder ; la 3,8, seulement pour l’appareil photo
La densité optique indique combien de lumière le filtre arrête. La feuille de densité 5 de Baader, l’un des fabricants de ce matériau, « reduces the intensity of incident sunlight by a factor of 100,000 » : elle laisse passer cent mille fois moins de lumière. Le même fabricant vend une autre feuille, de densité 3,8, et la décrit ainsi sur sa page : « Not suitable for visual observation » (ne convient pas à l’observation visuelle), « imaging only » (photographie uniquement) et « only intended to be used by well-experienced Astro-imagers », réservée aux astrophotographes expérimentés. Le manuel de ses filtres montés le répète : ceux de 3,8 « must not be used for visual observation, permanent eye-damage may occur », ils ne servent pas à regarder, car ils peuvent causer des lésions oculaires permanentes. Ce manuel le résume ainsi : la 5 sert à observer et à photographier ; la 3,8, seulement à photographier.
Ce qu’il faut vérifier à l’achat : que le filtre indique sa densité et qu’il soit prévu pour l’observation visuelle. S’il porte « photo », « imaging » ou 3,8, il n’est pas fait pour votre œil.
La norme des lunettes n’est pas celle des filtres
Les lunettes d’éclipse se vérifient avec l’EN ISO 12312-2, mais cette norme ne couvre pas les filtres pour instruments. L’AAS (American Astronomical Society) l’explique : « The ISO 12312-2 international standard does not apply to solar filters for optics ». Ces filtres peuvent quand même être considérés comme sûrs s’ils respectent les exigences de cette norme en matière de transmission, d’uniformité et de qualité du matériau et de la surface, s’ils sont bien fixés devant l’instrument et s’ils sont utilisés comme l’indique leur fournisseur. L’AAS ajoute qu’ils devraient être réservés aux observateurs expérimentés.
Baader dit la même chose de sa feuille, avec un avertissement de plus : elle n’est pas autorisée « for naked eye solar observation or production of solar viewers ». Elle ne sert ni à regarder le Soleil à l’œil nu ni à se fabriquer des lunettes. Pour regarder sans instrument, il faut des lunettes ou une visionneuse EN ISO 12312-2, qui se vérifient avec notre guide des lunettes certifiées.
Feuille ou verre
Verre à couche métallique, feuille de polyester aluminisé ou polymère noir : d’après l’AAS, les trois fonctionnent. La feuille, explique Baader, résiste mieux aux chocs qu’un verre, mais sa couche s’abîme si on la raye ou si on la frotte, et un filtre dont la feuille est abîmée « should be destroyed immediately », doit être détruit tout de suite pour que personne ne l’utilise par erreur. Et attention aux imitations : le texte sur la sécurité oculaire de B. Ralph Chou, sur le site des éclipses de la NASA, demande une feuille aluminisée « manufactured specifically for solar observation », fabriquée pour regarder le Soleil, et écarte les couvertures de survie (« space blankets ») et les films de jardinage.
La taille : celle de votre tube
Un filtre pleine ouverture couvre l’objectif en entier. Pour savoir lequel vous convient, il faut mesurer deux choses : le diamètre de l’objectif, qui est l’ouverture, et celui du tube sur lequel le filtre va se fixer. Dans le manuel de Baader, chaque filtre indique l’ouverture pour laquelle il est prévu et sa plage de serrage, qui s’ajuste « to fit the inner or outer tube diameter », au diamètre intérieur ou extérieur du tube.
Sur des jumelles, il ne se fixe que par l’extérieur : ses filtres pour jumelles « cannot be clamped to binoculars from the inside », car les lentilles sont trop près du bord. Si vous fabriquez le support avec de la feuille en vrac, même règle : qu’il couvre tout l’objectif et ne laisse aucun jour.
Bien fixé, contre les chocs et le vent
L’AAS demande que le filtre soit fixé de façon à ne pas sauter « if your instrument is bumped or the wind suddenly gusts », si quelqu’un heurte l’instrument ou si une rafale arrive. Baader demande de vérifier la fixation avant chaque séance et, si besoin, de la renforcer avec du ruban adhésif. Et dans le manuel de ses filtres montés, il prévient qu’une forte rafale ou une vis desserrée peuvent faire tomber même un filtre bien installé : c’est pourquoi les siens sont munis de sangles de sécurité. Dans la bande, en plus, le filtre s’enlève au début de la totalité et se remet avant qu’elle ne finisse ; la seconde exacte est dans quand retirer ses lunettes pendant la totalité.
Jumelles : deux filtres. Télescope : le chercheur, couvert
Des jumelles ont deux objectifs, et Baader le rappelle : « be sure both objectives are securely covered », que les deux soient bien couverts. Sur un télescope, le chercheur, la petite lunette qui sert à viser, aussi : « Unprotected viewing through the finder would have the same catastrophic consequences as viewing through the main telescope ». Regarder dedans sans filtre aurait les mêmes conséquences catastrophiques que regarder par le tube principal, et, pointé vers le Soleil, il peut vous brûler la peau. L’AAS donne trois solutions : le couvrir, l’enlever ou lui mettre son propre filtre.
Avant chaque usage, et avec des enfants autour
Baader demande d’examiner la feuille avant chaque séance, pour repérer dommages ou rayures, et de ne jamais laisser le télescope seul dehors en plein jour, pour que personne, et encore moins un enfant, ne regarde dedans sans protection. Il écrit aussi que ses produits solaires ne sont pas destinés aux moins de 14 ans.
Pour installer l’instrument : à Tarifa, à l’heure du maximum (10:47:25), le Soleil sera à 38,1° de hauteur et à l’est (azimut 95°), d’après notre calcul ; cherchez un endroit dégagé de ce côté. Pour le photographier, l’appareil photo a ses propres règles : filtre solaire pour appareil photo et téléphone.
Pour regarder à l’œil nu pendant les phases partielles, il faut des lunettes. Sur Commander des lunettes, vous pouvez demander les nôtres, en carton et certifiées EN ISO 12312-2, ainsi que le filtre pour téléphone et des packs pour les groupes : nous vous répondons avec le prix et le délai.
Sources : Baader — AstroSolar Photo Film OD 3.8 (ne convient pas pour regarder ; photographie uniquement) ; Baader — instructions de l’AstroSolar Safety Film 5.0 (PDF) (cent mille fois moins de lumière ; les deux objectifs ; chercheur couvert ; fixation et ruban adhésif ; feuille abîmée, détruite ; ni à l’œil nu ni pour fabriquer des lunettes ; la norme des lunettes ne s’applique pas ; le télescope jamais seul) ; Baader — Instruction Manual: Baader Solar Filters (PDF) (la 5 pour regarder, la 3,8 jamais ; ouverture et plage de serrage ; jumelles par l’extérieur ; vent et sangles ; moins de 14 ans) ; AAS — Solar Filters for Optics (types de filtres ; fixation ; chercheur) ; AAS — Suppliers of Safe Solar Viewers & Filters (l’ISO 12312-2 et les filtres pour instruments) ; B. Ralph Chou — Eye Safety During Solar Eclipses, sur le site des éclipses de la NASA (feuille faite pour le Soleil ; pas de couvertures de survie) ; heures, hauteur et azimut du Soleil : données d’eclipseando (moteur skyfield + DE440s) ; durée de la totalité à Malaga : IGN.
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Rappel : ne regardez jamais le Soleil sans protection adaptée (filtres conformes à la norme EN ISO 12312-2). La référence officielle pour observer en sécurité en Espagne est l’IGN (en espagnol) : eclipses.ign.es.