Oui, on peut faire voler un drone pendant l’éclipse, avec les règles habituelles et loin des gens. Pour l’éclipse de l’été dernier, l’AESA (Agencia Estatal de Seguridad Aérea), l’autorité espagnole de la sécurité aérienne, avait rappelé que les vols de drones au-dessus de rassemblements de personnes ne sont pas autorisés, ni en catégorie ouverte ni sous déclaration opérationnelle en scénario standard. Elle avait aussi précisé que voler pendant une éclipse n’est pas du vol de nuit, et demandé de ne pas porter de lunettes d’éclipse en vol. Dans la bande du sud, la lumière chutera d’un coup vers 10:46-10:51 selon l’endroit (heure espagnole, UTC+2, la même qu’en France) : à Tarifa, à la pointe sud de l’Espagne, la totalité commence à 10:45:11.
Drones : ce que demande l’AESA
La note de l’AESA part du principe que beaucoup voudront filmer l’éclipse depuis les airs, et elle pose des conditions. Avant de voler, il faut avoir la formation nécessaire, être enregistré comme exploitant auprès de l’AESA, disposer des autorisations requises, consulter les restrictions de l’espace aérien et faire les coordinations nécessaires.
Au-dessus des gens, non. L’AESA le justifie par les points d’observation eux-mêmes, où se concentrent beaucoup de monde et une lumière changeante. Elle ajoute un problème propre à la bande de totalité : la lumière peut baisser si vite qu’on perd le contact visuel avec le drone et avec les autres aéronefs. Son conseil : planifier le vol en tenant compte de ce risque et l’interrompre si la visibilité nécessaire n’est plus assurée.
L’AAS (American Astronomical Society) explique pourquoi cela surprend : presque toute la baisse de lumière se produit dans la dernière minute avant la totalité, et la lumière revient aussi vite à la fin. Si vous voyez un drone voler de façon irrégulière, l’AESA demande de prévenir immédiatement les forces de l’ordre.
Si ce que vous voulez, c’est le souvenir du moment, un téléphone sur un trépied, posé au sol et sans hélices, le filme aussi : nous l’expliquons dans filmer l’éclipse avec son téléphone.
Avions légers, hélicoptères et vol à vue
L’AESA s’attendait à plus de trafic que d’habitude : aviation générale et sportive, travail aérien, hélicoptères pour filmer, ballons-sondes, drones et vols touristiques pour voir l’éclipse, beaucoup à basse altitude et dans les mêmes zones. Elle demandait de redoubler de vigilance visuelle et de faire attention aux câbles et autres obstacles, car avec le contraste qui se perd pendant l’éclipse, ils peuvent devenir presque invisibles depuis les airs.
Sur la lumière, la note est claire : même si elle baisse beaucoup, voler pendant l’éclipse n’est pas considéré comme du vol de nuit selon la réglementation en vigueur. Les heures publiées de lever, de coucher et de crépuscule civil ne changent pas, pas plus que les périodes de vol à vue de jour et de nuit. L’obscurité reste un facteur que chaque pilote doit évaluer : la décision de voler revient à l’exploitant, toujours avec les conditions visuelles minimales exigées.
Ballons, deltaplanes et parapentes
En cachant le Soleil, l’éclipse coupe un moment le réchauffement du sol, et quand la lumière revient, l’atmosphère se réchauffe de nouveau : le vent et les thermiques peuvent changer vite. Selon l’AESA, dans les avions à moteur, on le remarque à peine, mais pour les ballons, planeurs, deltaplanes et parapentes, l’effet peut être important. Pour les ballons, la phase la plus délicate est souvent le retour du Soleil, avec des changements de température et de vent qui compliquent le pilotage.
Les lunettes d’éclipse, au sol
L’AESA recommande de ne pas porter de lunettes d’éclipse en vol, car elles réduisent la vision de l’extérieur au moment où on en a le plus besoin, et d’éviter toute distraction aux commandes. Et si vous pilotez un drone depuis le sol, la logique est la même : avec les lunettes d’éclipse sur le nez, vous ne voyez pas le drone.
Si vous êtes passager d’un avion
La note de l’AESA ne parle pas des vols commerciaux ni de leurs passagers, et n’annonce ni retards ni changements : nous n’avons trouvé aucune source officielle qui dise quoi que ce soit de tel pour 2027. Ce qui vaut partout, y compris en avion, c’est la règle de sécurité de l’AAS et de la NASA : le Soleil en phase partielle ne se regarde qu’à travers un filtre EN ISO 12312-2.
Quand la lumière baisse dans la bande
Pour ceux qui volent, le moment critique se situe autour de la totalité. Nos heures pour quelques communes :
| Commune | Il fait sombre (C2) | La lumière revient (C3) |
|---|---|---|
| Tarifa | 10:45:11 | 10:49:39 |
| Cadix | 10:45:24 | 10:48:20 |
| Malaga | 10:48:08 | 10:50:03 |
| Melilla | 10:48:12 | 10:52:48 |
Heure de l’Espagne péninsulaire ; celles de l’IGN, l’Institut géographique national espagnol, arrivent une dizaine de secondes plus tôt. En mer, l’ombre passe de la même façon : nous le racontons dans voir l’éclipse depuis un bateau. Si vous organisez quelque chose avec du public, voyez aussi ce que les mairies espagnoles préparent pour l’éclipse, et pour rejoindre la bande par la route, venir voir l’éclipse en Espagne.
Sources : AESA — Eclipse solar: recomendaciones para una operación aérea segura (drones au-dessus des rassemblements, conditions, perte du contact visuel, signaler les usages irréguliers ; trafic aérien accru et câbles ; l’éclipse n’est pas du vol de nuit ; lunettes d’éclipse en vol ; thermiques, ballons et parapentes) ; AAS — How Dark Does It Get During a Total Solar Eclipse? (la lumière baisse presque entièrement dans la dernière minute et revient aussi vite) ; AAS — How to View a Solar Eclipse Safely et NASA — Eclipse Viewing Safety (le Soleil en phase partielle, seulement avec un filtre EN ISO 12312-2) ; heures de la totalité : données d’eclipseando (moteur skyfield + DE440s) et comparaison avec les heures de l’IGN.
Pour garder un souvenir de l’éclipse, la boutique imprime des t-shirts, des mugs et des affiches avec le nom de votre commune, l’heure de son maximum et ses secondes de totalité. Voir la boutique →
Rappel : ne regardez jamais le Soleil sans protection adaptée (filtres conformes à la norme EN ISO 12312-2). La référence officielle pour observer en sécurité en Espagne est l’IGN (en espagnol) : eclipses.ign.es.